Les Amis de l'Humanité saluent Raymond Aubrac

Après la Résistance, la reconstruction et la décolonisation. C'est l'autre volet de sa vie que révèle le nouveau film de Pascal Convert projeté en avant première dimanche devant prés de 400 personnes.
Il y a un an, le 8 mai 2011, les Amis de l'Humanité avaient invité Raymond Aubrac à commenter le film « Aubrac, les années de guerre » (1). Un très grand moment dans la vie des Amis. Dimanche, un peu plus d'un mois après sa disparition, c'est un nouvel hommage qui lui a été rendu avec la projection de la suite au cinéma Max Linder, « Aubrac, la reconstruction », en présence des deux réalisateurs, Pascal Convert et Fabien Beziat.

Ernest Pignon-Ernest, Pascal Convert, Fabien Beziat et Charles Silvestre
Robert Chambeiron, dernier survivant du CNR (Conseil national de la résistance) devait présider cet hommage. Ernest Pignon Ernest et Charles Silvestre (2) ont expliqué que la fatigue de ses 97 ans l'avait empêché d'être physiquement présent, mais qu'il serait là à travers un court film de 7 minutes. Il y raconte la genèse du CNR, constitué autour de Jean Moulin, et comment il fallut que chacune de ses composantes y mette du sien pour accepter l'autre et se faire accepter. Deux exemples: la laïcité, qui gênait les catholiques, ne fut pas évoquée dans le programme du CNR. La décolonisation, qui en gênait d'autres, non plus. Mais on s'accorda sur la nécessité des nationalisations. Le prix d'une unité sans laquelle la France n'eut plus été la France et une leçon à méditer.

Robert Chambeiron était présent à travers un court film de 7 minutes
Dans le film « Aubrac, la reconstruction », on voit comment cet ingénieur des Ponts a su en jeter entre les peuples. Après la phase délicate de l'après guerre où il a dirigé le déminage du territoire, le film montre le rôle éminent et peu connu de Raymond Aubrac dans la décolonisation, l'autre grand combat de sa vie: au Maroc indépendant, mais surtout au Vietnam. Ami intime d'Ho Chi Minh (qu'il accueillait chez lui avec Lucie), il joua les passeurs de messages avec Kissinger pendant la guerre américaine, multipliant les efforts pour que des négociations s'engagent. Le film aborde également avec franchise le sujet complexe des rapports entre les Aubrac et le PCF.

Sa fille Catherine et ses petits enfants étaient présents dans la salle
Résultat de cinq années de rencontres, de travail, d'amitié aussi - en témoignent les éclats de malice dans le regard saisis par la caméra - il a beaucoup ému les proches de Raymond Aubrac présents: sa fille Catherine et ses petits enfants, mais aussi Hélène Luc, qui l'avait accompagné récemment au Vietnam. Parmi les personnalités qui ont participé aux échanges d'après projection, Alain Ruscio, historien du Vietnam et de la décolonisation, François Delpla, auteur de « Aubrac, les faits et la calomnie » (3), Edwy Plenel de Médiapart, mais aussi le Dr Marcel Françis Kahn qui rappela l'engagement de Raymond Aubrac, ces dernières années, pour le droit des Palestiniens à un Etat.
Texte : Françoise Germain-Robin, photos : Joël Lumien
(1) Réalisé par Pascal Convert, également auteur d'une biographie de Raymond Aubrac, le film a été diffusé par France 5, comme devrait l'être ce second volet.
(2) Respectivement président et secrétaire général de la Société des Amis de l'Humanité
Démolition des accusations de trahison proférées par Stéphane Courtois contre Raymond et Lucie Aubrac
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